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Version 2.11.6

Fairfax Financial Holdings Limited (FFH.TO)

Rapport d'investissement · Date du rapport : 2025-12-31

Généré le 2026-09-29 14:53

1. Fiche d'identité

NomFairfax Financial Holdings Limited
SecteurFinancial Services
IndustrieInsurance - Property & Casualty
BourseTSX
Pays de cotationCanada
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1.1 Modèle d'affaires

Fairfax Financial Holdings est une société de portefeuille diversifiée qui exerce principalement dans l’assurance et la réassurance de dommages par l’intermédiaire de ses filiales. Elle gère également les placements de ces activités afin de contribuer à leurs résultats.

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1.2 Données de marché

Prix actuel2,204.70 CAD
Capitalisation boursière45.8 G CAD
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2. Diagnostic du Moat

2.1 Résumé du moat

Fairfax a récemment dégagé des bénéfices réguliers dans ses activités d’assurance, ce qui témoigne d’une bonne discipline de souscription. Toutefois, des concurrents obtiennent des résultats comparables et le secteur reste très concurrentiel et cyclique: les éléments disponibles ne démontrent donc pas un avantage protégé et durable. L’avantage observé paraît plutôt susceptible de persister à moyen terme.

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2.2 Type de moat identifié

Le seul avantage concurrentiel démontré est une capacité opérationnelle à maintenir une discipline de souscription — c’est-à-dire à sélectionner les risques, fixer les prix et gérer les sinistres et les frais de manière à dégager des bénéfices d’assurance — dans plusieurs filiales et sur plusieurs années.

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2.3 Preuves concrètes du moat

La discipline de souscription se reflète dans le ratio combiné, qui rapporte les sinistres et les frais d’assurance aux primes: lorsqu’il est inférieur à 100 %, les primes couvrent ces coûts. Fairfax a réalisé un bénéfice de souscription de 1 816,6 millions de dollars en 2025, avec un ratio combiné non actualisé de 93,0 %, après 1 791,4 millions et 92,7 % en 2024. Les ratios actualisés de plusieurs grandes filiales étaient également inférieurs à 100 % en 2025, notamment 80,1 % chez Allied World, 86,0 % chez Odyssey Group, 81,9 % chez Brit et 77,3 % chez Ki; les résultats des plateformes étaient aussi sous ce seuil en 2024. Ces résultats sur deux années et plusieurs activités étayent une capacité de mise en œuvre répétée. Ils ne montrent toutefois pas une supériorité propre à Fairfax: les données disponibles indiquent 91,3 % pour Intact au premier trimestre 2026, 91,6 % pour Definity en 2025 et 95,6 % pour Aviva Canada en 2025. À titre de contexte plus général, Fairfax a déclaré un bénéfice net de 4,77 milliards de dollars américains sur 30,4 milliards de revenus en 2025, soit une marge nette d’environ 15,7 % et une rentabilité des capitaux propres (ROE, bénéfice rapporté aux capitaux investis par les actionnaires) proche de 18 %; ces résultats combinent les activités d’assurance et les placements et ne prouvent donc pas, à eux seuls, un avantage concurrentiel distinctif.

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2.4 Durabilité du moat

La discipline observée pourrait se maintenir pendant environ 3 à 7 ans si les pratiques de souscription restent rigoureuses et si les prix demeurent raisonnables. Les résultats de 2024 et 2025, obtenus dans plusieurs plateformes, indiquent une certaine répétabilité, mais les méthodes, les outils d’analyse et les compétences peuvent aussi être reproduits par des concurrents. Les cycles de marché, les rivaux bien financés et les capitaux alternatifs peuvent réduire rapidement les marges; rien ne démontre donc que l’avantage résisterait indépendamment du cycle pendant 10 à 20 ans.

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2.5 Menaces au moat

La capacité de Fairfax à maintenir ses résultats d’assurance peut être mise à l’épreuve par plusieurs facteurs

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2.6 Comparaison avec les concurrents

Au Canada, Fairfax est présente notamment par Northbridge et se trouve en concurrence avec des assureurs qui se disputent les primes d’assurance de dommages. Intact est le plus grand acteur cité et intervient dans l’assurance des particuliers, des entreprises et des risques spécialisés; Aviva Canada est un grand assureur multibranche. Les autres concurrents canadiens importants identifiés sont

Les données de marché rapportées pour 2024 attribuent à Intact une part de 16,1 %; les autres acteurs du groupe des dix principaux, dont Northbridge, se situent chacun entre environ 2 % et 8 %, et ces dix assureurs représentent ensemble environ 59 % du marché selon une source. Une autre source estime leur part collective à 62,6 % et indique que Northbridge a gagné des parts en 2024 par rapport à 2023, sans fournir ici les pourcentages détaillés. Ces estimations confirment la présence de plusieurs concurrents importants, mais ne démontrent pas une position dominante de Northbridge. Les ratios combinés non actualisés de Fairfax étaient de 92,7 % en 2024 et 93,0 % en 2025. En comparaison, Definity est passée de 94,5 % en 2024 à 91,6 % en 2025, tandis qu’Aviva Canada est passée de 98,5 % à 95,6 %; Intact a affiché 91,3 % au premier trimestre 2026. Les périodes ne sont pas entièrement comparables, et les ratios annuels d’Intact pour 2023 à 2025 n’ont pas pu être établis à partir de sources indépendantes. Les données disponibles ne fournissent pas non plus de série pluriannuelle précise et homogène des parts de marché de Northbridge/Fairfax. Enfin, les marges nettes et la rentabilité des capitaux propres donnent un contexte imparfait: en 2025, Fairfax affichait environ 15,7 % et 18 %, contre environ 12,9 % et 16,1 % pour Intact. Ces chiffres sont établis dans des devises différentes — dollars américains pour Fairfax et dollars canadiens pour Intact — et varient aussi selon les gains de placement et les méthodes comptables; ils ne constituent donc pas une comparaison directe de la seule performance de souscription.

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2.7 Verdict Faible

Les résultats de souscription de 2024 et 2025 montrent une exécution solide, mais les performances comparables de concurrents et le caractère concurrentiel et cyclique de l’assurance empêchent de conclure à un avantage structurel durable. L’avantage démontré est limité à la discipline opérationnelle en souscription et paraît susceptible de durer à moyen terme plutôt que de protéger durablement les bénéfices.

Force du moatfaible
Durabilité estiméeMoyen terme (3 à 7 ans)
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3. Anomalies détectées

3.1 Résumé des anomalies détectées

Aucune défaillance comptable ou menace aiguë pour la solvabilité n’apparaît en 2025, et l’endettement reste prudent. Le principal point de vigilance concerne la qualité des bénéfices: une partie des bons résultats vient de réserves constituées les années précédentes puis reprises et des variations de marché, plutôt que seulement de la rentabilité des contrats souscrits en 2025. Le ratio combiné, qui compare les indemnisations et les frais aux primes encaissées, reste inférieur à 100 %, ce qui indique une activité d’assurance rentable, mais son niveau favorable est en partie soutenu par ces reprises. La forte influence du fondateur et la réticence à publier certaines informations climatiques ajoutent un risque de gouvernance et de transparence.

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3.2 Anomalies comptables

La comptabilité paraît globalement fiable, mais plusieurs éléments reposent sur des estimations de la direction. Les reprises de réserves surviennent lorsque les indemnisations prévues pour des années antérieures se révèlent supérieures aux montants finalement nécessaires; elles augmentent alors le bénéfice de l’année en cours sans refléter uniquement la rentabilité des contrats de cette année.

Les ratios annuels affichés dans les bas 90 % dépendent donc en partie de ces reprises. Le renforcement des réserves concerne surtout d’anciens portefeuilles d’assurance de responsabilité civile, alors que la plupart des activités affichent des évolutions favorables; cela est davantage compatible avec des réserves prudentes qu’avec une sous-estimation généralisée des coûts.

Les placements dits de niveau 3 sont difficiles à évaluer à partir de prix de marché observables: leur valeur dépend davantage de modèles et d’hypothèses internes. De même, le goodwill (écart d’acquisition inscrit lors d’une acquisition) et les actifs incorporels à durée d’utilité indéfinie sont évalués à l’aide de modèles fondés notamment sur les taux d’actualisation et la croissance attendue. Le goodwill et les actifs incorporels représentent 8,34 milliards de dollars, soit environ 7,7 % des actifs totaux de 107,8 milliards. Cette proportion reste gérable et aucune dépréciation importante de goodwill n’est signalée en 2025, mais ces évaluations créent un risque d’erreur de modèle. Le modèle d’assureur ne présente pas de problème notable de qualité des stocks ou des créances commerciales. Aucun signe clair de manipulation comptable n’apparaît; les réserves et les évaluations complexes constituent plutôt des risques permanents à surveiller.

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3.3 Anomalies dans la dette et la liquidité

L’endettement et la liquidité ne montrent pas de signe de tension immédiate. L’EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) donne une indication des ressources générées avant ces charges; il s’élève à environ 8,0 milliards de dollars en 2025, contre des frais d’intérêts d’environ 0,82 milliard. Le bénéfice net atteint 4,77 milliards et les revenus 30,4 milliards de dollars.

Aucune difficulté liée aux clauses financières des emprunts (engagements que l’entreprise doit respecter envers ses prêteurs) ni pression à court terme pour renouveler ou remplacer des emprunts arrivant à échéance n’est signalée. Les placements sont surtout constitués de titres à revenu fixe et d’actions cotées, généralement plus faciles à vendre. Le principal point de vigilance est la forte variation des flux de trésorerie d’une année à l’autre, en raison des réaménagements de portefeuille et des gains ou pertes comptables sur placements. Cette variation est courante chez un assureur, mais elle rend un chiffre annuel moins utile pour juger seul de la capacité à payer les dépenses.

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3.4 Anomalies dans la rentabilité

La rentabilité est élevée, mais une partie des bénéfices récents pourrait ne pas se répéter à l’identique. En 2025, les revenus sont de 30,4 milliards de dollars, la marge d’exploitation d’environ 21,2 % et la marge nette d’environ 15,7 %, après des résultats également solides en 2023 et 2024. La rentabilité des fonds propres (ROE) mesure le bénéfice par rapport aux capitaux appartenant aux actionnaires; les niveaux récents, dans les hauts chiffres à un seul chiffre en pourcentage, doivent être considérés comme supérieurs à une performance forcément durable.

Le ratio combiné annuel ajusté des effets d’actualisation est d’environ 93 % en 2025, mais celui des contrats de l’année est plus proche de 96 %. Les reprises de réserves antérieures apportent 2,9 points d’amélioration, tandis que les sinistres liés aux catastrophes retranchent 4,8 points. Les variations des taux d’actualisation créent en outre une perte nette d’environ 444 millions de dollars sur les contrats d’assurance. Les gains importants réalisés ou non réalisés sur les placements ont aussi contribué au bénéfice net.

L’activité d’assurance sous-jacente reste donc rentable, mais les reprises de réserves, les placements et les hypothèses actuarielles expliquent une part importante des résultats déclarés. Aucun bénéfice artificiel n’est établi; le risque porte plutôt sur leur répétabilité. Les marges nettes dans les 15 % et une rentabilité des fonds propres dans les hauts chiffres à un seul chiffre en pourcentage ne devraient pas être extrapolées sans tenir compte de la sensibilité des résultats aux marchés et aux estimations de réserves.

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3.5 Anomalies dans le discours de la direction

La communication fournit des tableaux détaillés sur les résultats des activités, les sinistres majeurs et les évolutions de réserves, et reconnaît que les placements et les réserves influencent fortement les résultats annuels. Elle s’appuie toutefois aussi sur des indicateurs non conformes aux règles comptables standard, qui peuvent présenter les résultats sous un angle différent et rendent les comparaisons moins immédiates.

La direction décrit 2025 comme une nouvelle année solide, avec un ratio combiné dans les bas 90 %. Ce chiffre est exact, mais la présentation met moins en avant le fait que les reprises de réserves des années antérieures apportent 2,9 points d’amélioration, sans représenter la rentabilité des seuls contrats de l’année. Aucun engagement chiffré de 2024 n’est identifié comme manqué ou discrètement abandonné. Le discours ne paraît donc pas trompeur, mais son cadrage favorable et le recours à ces indicateurs peuvent conduire un lecteur à prolonger à tort les bénéfices récents dans ses attentes.

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3.6 Anomalies stratégiques ou opérationnelles

La gestion du portefeuille en 2025 ne révèle pas de destruction de valeur évidente ni de changement majeur de stratégie, mais le nombre d’activités et de placements rend l’ensemble difficile à suivre. Les opérations rapportées comprennent:

Les ratios combinés des principales unités — Allied World, Odyssey Group, Brit et Ki — se situent dans les hauts 80 % à la moitié des 90 %, ce qui indique encore des bénéfices d’assurance. Odyssey Group connaît une détérioration, mais reste rentable sur ses contrats. Aucune dépréciation importante liée aux acquisitions de 2025 ni opération précise détruisant de la valeur n’est signalée. En revanche, la présence de nombreuses divisions, participations, dérivés (contrats dont la valeur dépend d’un autre actif ou indice) et placements évalués par modèles internes complique le suivi de la valeur créée par chaque opération.

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3.7 Anomalies dans la rémunération et la gouvernance

La gouvernance présente des préoccupations modérées malgré des résultats favorables aux actionnaires, notamment les rachats d’actions, la hausse de la valeur comptable par action et une faible dilution. La circulaire soumise aux actionnaires renouvelle une proposition demandant la publication des émissions de gaz à effet de serre associées aux placements et aux activités d’assurance. Le proposant affirme que cette proposition avait déjà recueilli la majorité des voix des actionnaires détenant des actions subalternes, mais Fairfax n’a pas ventilé le résultat du vote par catégorie d’actions. Le conseil recommande de nouveau de rejeter la proposition et estime que la gestion actuelle des risques climatiques suffit. Cette position limite la transparence sur un sujet où l’entreprise est en retard par rapport à certaines pratiques de ses pairs.

Les règles de conduite et de prévention des conflits d’intérêts sont décrites comme solides, et les comités d’audit et de gouvernance examinent les opérations avec des parties liées. Le risque tient aussi au poids du fondateur-directeur général, à des modalités de rémunération particulières et à l’absence de limite de durée de mandat. Ces éléments ne prouvent pas une mauvaise gestion, mais peuvent devenir plus importants en cas de difficultés ou de succession.

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3.8 Conclusion et niveau de risque Modéré

Le risque d’anomalies est modéré: les reprises de réserves et les effets des placements rendent une partie des bénéfices 2025 moins répétable, tandis que l’influence du fondateur et le manque de transparence sur les émissions liées aux activités ajoutent un risque de gouvernance. Rien n’indique que ces éléments menacent actuellement la solvabilité, mais ils justifient une prudence accrue dans l’évaluation de l’entreprise.

Catégories d'anomalies :

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4. Analyse financière

4.1 Croissance et qualité des revenus

Les revenus, déclarés en dollars américains, sont passés d’environ 9,3 milliards en 2016 à 30,4 milliards en 2025, soit une croissance annuelle moyenne composée d’environ 14 % sur neuf ans. Cette progression s’est accélérée après 2020 avec l’augmentation des primes et des revenus de placements, favorisée par la hausse des rendements.

Ces marges sont positives et se sont améliorées de 2023 à 2025, après des résultats plus irréguliers entre 2016 et 2020, dont une année de perte en 2016 et un résultat proche de l’équilibre en 2020. La croissance récente et l’amélioration des marges indiquent des revenus de bonne qualité, sans dépendance apparente à des éléments ponctuels dans le chiffre d’affaires lui-même. Une part importante des revenus reste cependant liée aux placements, dont les rendements peuvent varier avec les marchés.

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4.2 Rentabilité et efficacité opérationnelle

La rentabilité s’est nettement renforcée au cours des dernières années. Le bénéfice net est passé d’une perte en 2016 et d’un bénéfice minime en 2020 à 3,4 milliards de dollars en 2022, puis à 4,4–5,1 milliards en 2023–2024 et 4,8 milliards en 2025. La marge nette, c’est-à-dire la part des revenus conservée en bénéfice, est d’environ 13–17 % sur 2021–2025 et d’environ 15,7 % en 2025, un niveau élevé au regard des années antérieures.

La rentabilité des fonds propres (ROE) rapporte le bénéfice aux capitaux des actionnaires et indique ce que l’entreprise gagne avec ces fonds. Elle est forte: environ 20,2 % en 2022, 19,1 % en 2023, 16,1 % en 2024 et 18,0 % en 2025. Le rendement du capital investi (ROIC) mesure le bénéfice produit par l’ensemble des capitaux mobilisés, et pas seulement ceux des actionnaires; il est plus faible, autour de 3,5–5,3 % ces dernières années. Ce niveau reste jugé raisonnable pour un assureur qui détient une grande quantité de placements.

La marge d’exploitation se situe autour de 20–25 % de 2022 à 2025, contre des niveaux plus bas ou négatifs en 2016 et 2020. La couverture des intérêts compare les bénéfices disponibles aux frais dus sur la dette: elle est estimée à environ 8–12 fois en 2023–2025, ce qui indique une large capacité à payer ces frais. Dans l’ensemble, l’entreprise est devenue régulièrement rentable depuis quatre à cinq ans, même si une partie de ses résultats dépend aussi de la performance des placements.

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4.3 Flux de trésorerie et conversion des profits

Les flux de trésorerie varient davantage que les bénéfices comptables. Le flux de trésorerie d’exploitation, qui mesure les sommes générées par l’activité courante, a été fortement négatif en 2018 et 2022, mais très élevé en 2021 et 2024. Il était plus modestement positif en 2025, à environ 3,0 milliards de dollars, contre 4,8 milliards de bénéfice net, soit près de 63 % du bénéfice.

Le flux de trésorerie disponible correspond aux sommes restant après les dépenses nécessaires aux investissements matériels; ces dépenses sont parfois appelées capex. En 2025, il atteint environ 2,4 milliards de dollars, après quelque 0,6 milliard de dépenses d’investissement. Cela représente près de 50 % du bénéfice net et une marge d’environ 8 % des revenus.

Sur 2016–2025, les flux d’exploitation et les flux disponibles ont aussi été négatifs en 2020 et 2023, alors que des flux particulièrement élevés sont apparus en 2017, 2021, 2024 et 2025. Les indicateurs comparant les bénéfices aux flux de trésorerie passent eux aussi de valeurs très positives à très négatives: les gains comptabilisés sur les placements ne se transforment donc pas toujours immédiatement en espèces. Ce profil est courant chez un assureur doté d’un important portefeuille d’obligations et d’actions, mais les flux d’une seule année ne permettent pas de juger sûrement la conversion des bénéfices en liquidités. La capacité de Fairfax à conserver des liquidités et à rester solvable au fil de ces cycles demeure le point déterminant.

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4.4 Solidité du bilan

Le bilan est important et financé de façon prudente. Les actifs sont passés d’environ 43 milliards de dollars en 2016 à près de 108 milliards en 2025. Ils comprennent environ 64 milliards de placements à long terme et 11,7 milliards de trésorerie et équivalents, une réserve de liquidités adaptée à une entreprise d’assurance et de réassurance.

La couverture des intérêts est évaluée entre 7 et 9 fois dans les données récentes, ce qui signale une marge suffisante pour payer les intérêts; une autre série la situe entre 8 et 12 fois en 2023–2025. Aucune de ces mesures ne supprime le risque propre à l’assurance: les sinistres et les catastrophes peuvent peser sur le bilan d’une manière que les ratios comptables ne reflètent pas entièrement.

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4.5 Allocation du capital

L’affectation du capital a été favorable aux actionnaires et cohérente avec une approche de long terme. Les ressources servent principalement à développer le portefeuille de placements, financer les investissements matériels des filiales, verser des dividendes et racheter des actions.

Les dividendes sont réguliers et restent abordables: le taux de distribution, c’est-à-dire la part du bénéfice versée aux actionnaires, se situe le plus souvent entre 7 et 20 % lors des années bénéficiaires 2017, 2019 et 2021–2025. Il a temporairement augmenté en 2018 et 2020, lorsque les bénéfices étaient faibles. Le rendement du dividende est d’environ 1–2 % ces dernières années, laissant une grande part des bénéfices à réinvestir pour faire progresser la valeur de l’entreprise.

Les rachats d’actions se sont accélérés en 2021–2025. Le nombre moyen pondéré d’actions en circulation a reculé d’environ 34–35 millions en 2020 à 21–22 millions en 2025. Cela contribue à augmenter les revenus et bénéfices rapportés à chaque action. La dette a été émise et remboursée selon les occasions, tout en restant modérée; certaines années, la trésorerie a même dépassé la dette. Ces choix suggèrent une allocation du capital de qualité supérieure à la moyenne, à condition que la discipline soit maintenue dans les contrats d’assurance et la gestion des placements.

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4.6 Résumé Élevé

La qualité financière est élevée: la rentabilité des fonds propres reste forte, autour de 18–20 % en 2023–2025, et le bilan dispose d’une importante réserve de liquidités avec un endettement modéré. La principale réserve est la grande variabilité des flux de trésorerie d’une année à l’autre, ce qui rend la discipline de gestion nécessaire pendant les périodes moins favorables.

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5. Évaluation de la Gestion

5.1 Qualité et stabilité de l'équipe de direction

L’équipe dirigeante est expérimentée et stable, avec Prem Watsa à sa tête depuis longtemps. Le régime de rémunération du PDG, en place depuis 2000, se limite à un salaire de 600 000 dollars en 2025, sans rémunération variable ni attribution d’actions; cette rémunération modeste s’accompagne d’un engagement durable dans l’entreprise. Les dirigeants détiennent des actions à long terme et en négocient très peu. Le comité du conseil chargé des rémunérations est indépendant et expérimenté. Le PDG et le directeur financier ont également signé des attestations formelles concernant la conception des contrôles de divulgation et du contrôle interne de l’information financière. L’ensemble témoigne d’une forte continuité au sommet et de procédures de gouvernance établies.

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5.2 Historique de performance de la direction

Sous la direction actuelle, les résultats se sont nettement améliorés et peuvent être vérifiés dans les états financiers. Le chiffre d’affaires est passé de 25,8 milliards de dollars en 2023 à 28,4 milliards en 2024, puis à 30,405 milliards en 2025. En 2025, la marge opérationnelle — la part du chiffre d’affaires restant après les charges d’exploitation — était d’environ 21,18 %, et la marge nette, soit la part restant après l’ensemble des charges, d’environ 15,70 %. Le rendement du capital investi, qui rapporte les résultats au capital engagé, était d’environ 5,31 %; le rendement des capitaux propres atteignait environ 18 %. Les marges et le bénéfice net ont progressé de façon marquée sur la période. Une partie de cette amélioration des résultats provient toutefois des gains de placement, notamment d’une vente d’actions d’Orla Mining en 2025. Dans l’ensemble, la performance opérationnelle et les résultats destinés aux actionnaires sont solides et concordent avec la politique d’allocation du capital de la direction.

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5.3 Alignement avec les actionnaires

Les dirigeants détiennent des actions à long terme et en vendent rarement. Le PDG reçoit un salaire annuel de 600 000 dollars, sans prime annuelle ni attribution d’actions, ce qui limite les incitations à privilégier les résultats à court terme; sa participation personnelle au capital crée parallèlement un intérêt économique commun avec les actionnaires. Le nombre moyen pondéré d’actions est passé de 27 456 850 en 2021 à 21 450 000 en 2025, soit une baisse d’environ 21,9 %, principalement grâce aux rachats d’actions. Les dividendes restent modestes, mais sont réguliers, et les attributions d’actions sont peu fréquentes. L’alignement avec les actionnaires est donc fort dans l’ensemble, même si l’absence de rémunération en actions du PDG est inhabituelle.

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5.4 Transparence et qualité du discours

Les communications sont franches, tout en restant de forme classique. Les documents de la direction présentent les risques et les déclarations prospectives, détaillent les composantes des gains de placement et décrivent les ventes d’actifs. Les attestations du PDG et du directeur financier portent sur la conception des contrôles internes, et les chiffres communiqués concordent avec les états financiers vérifiés. Une réserve importante est explicitement signalée: les gains et pertes de placement, qu’ils soient réalisés lors d’une vente ou liés à une variation de la valeur des placements, peuvent faire varier sensiblement les bénéfices d’une année à l’autre. Les informations sont néanmoins assez détaillées pour permettre la vérification des résultats.

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5.5 Discipline opérationnelle

La direction fait preuve de discipline dans les coûts et l’utilisation du capital, tout en ajustant activement son portefeuille. Les rachats d’actions ont réduit d’environ 21,9 % le nombre moyen pondéré d’actions entre 2021 et 2025. Les investissements matériels rapportés au chiffre d’affaires et aux liquidités générées par l’exploitation sont faibles, tout comme les frais de vente et d’administration rapportés aux revenus. La vente d’Orla Mining en 2025, qui a généré un gain réalisé, illustre la capacité à céder des placements lorsque l’occasion se présente; la direction a aussi ajusté ses placements en actions et ses instruments financiers. Les acquisitions et les investissements dans des filiales ou des sociétés associées ont un bilan mitigé, mais les mouvements de portefeuille paraissent sélectifs et orientés vers la valeur.

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5.6 Gouvernance et risques de conflits d'intérêts

Le risque de gouvernance est modéré, principalement en raison de l’influence concentrée du fondateur et PDG, que l’entreprise reconnaît elle-même comme un facteur de risque. Son régime de rémunération inhabituel et certains rachats occasionnels d’actions qu’il détient renforcent cette influence. Le comité des rémunérations est indépendant et expérimenté, et le PDG ainsi que le directeur financier ont fourni des attestations formelles sur les contrôles internes. Le conseil paraît suffisamment indépendant, mais la concentration de l’actionnariat et du pouvoir mérite une surveillance continue. Les notes financières décrivent des liens complexes avec des sociétés associées et des entités structurées, qui exigent des jugements comptables. Aucune opération contrôlée avec une entité liée n’a été relevée dans les éléments examinés, sans que cela dispense d’une vigilance durable.

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5.7 Points forts et points faibles de la gestion Élevé

La qualité de la direction est élevée: l’influence concentrée du fondateur accroît le risque de gouvernance, mais les résultats observés de l’allocation du capital pèsent davantage dans l’évaluation de 2025.

Points forts :

Points faibles :

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6. Valeur Intrinsèque

Résultats synthétiques des trois scénarios

ScénarioValeur d'entrepriseValeur des actionsValeur par actionValeur par action (devise du titre)Prix de marché actuelMarge de sécurité
Prudent10,4 milliards USD7,3 milliards USD327.88 USD465.03 CAD2207.92 CAD-374.8%
Réaliste16,9 milliards USD13,7 milliards USD618.44 USD877.13 CAD2207.92 CAD-151.7%
Optimiste24,3 milliards USD21,2 milliards USD955.78 USD1355.58 CAD2207.92 CAD-62.9%

6.1 Méthode utilisée

La valeur est estimée par actualisation des flux de trésorerie (DCF), méthode qui ramène à aujourd’hui les liquidités que l’entreprise pourrait générer à l’avenir. La projection suit chaque année, pendant dix ans, le chiffre d’affaires et la marge de flux de trésorerie disponible — les liquidités qui restent après les dépenses nécessaires — puis ajoute une valeur terminale pour les flux au-delà de cette période. Le taux d’actualisation correspond au rendement minimal recherché par l’investisseur, et non à un taux dérivé du coût de financement moyen du marché. Le cadre retient un rendement exigé de 15 %. Comme les flux de trésorerie d’un assureur peuvent varier avec les placements et le calendrier des entrées et sorties de fonds, les scénarios privilégient des marges normalisées sur l’ensemble d’un cycle plutôt que de prolonger directement les niveaux élevés de 2024 et 2025.

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6.2 Hypothèses communes aux scénarios

Le tableau ci-dessous rassemble les hypothèses communes qui servent de point de départ aux trois scénarios. Elles s’appuient sur les états financiers récents et le bilan annuel pour ancrer les données de départ, tout en tenant compte du rendement minimal recherché, de la concurrence et du caractère cyclique de l’assurance. La croissance à long terme est gardée prudente afin de ne pas supposer une surperformance permanente, et la dette nette ainsi que le nombre d’actions sont établis à partir des données financières disponibles. Les scénarios modifient ensuite ces hypothèses lorsqu’un niveau de risque ou une trajectoire de croissance différente est retenu.

Hypothèses générales de valorisation

HypothèseValeurJustification
Taux d'actualisation15.0%Le taux de rendement exigé reflète l’objectif minimal de l’investisseur. La concurrence et le caractère cyclique de l’assurance dommages et de la réassurance, ainsi que l’effet des reprises de réserves et des variations de valeur des placements sur les bénéfices, justifient un seuil exigeant. La qualité récente de la souscription, la prudence de l’endettement net et les rachats d’actions permettent toutefois de retenir ce seuil comme hypothèse de base; le scénario prudent le relève pour tenir davantage compte des risques.
Taux de croissance terminal par défaut2.0%La croissance à long terme est volontairement prudente: un assureur établi évolue dans un secteur concurrentiel et cyclique, et il serait imprudent de supposer qu’il dépassera indéfiniment la croissance nominale de l’économie. L’hypothèse vise une progression durable des liquidités sans intégrer une surperformance permanente de la souscription.
Dette nette3,2 milliards USDLa dette nette correspond à la dette totale moins les liquidités. Elle est calculée à partir du bilan annuel 2025 et sert à passer de la valeur de l’activité à celle revenant aux actionnaires.
Prix actuel2207.92 CAD
Taux de change1 USD = 1.4183 CAD1 USD = 1.4183 CAD (FMP)
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6.3 Scénario prudent

Le scénario prudent suppose un ralentissement de la croissance des revenus, sans acquisitions majeures, ainsi qu’une normalisation des flux de trésorerie disponible à un niveau sensiblement inférieur à celui déclaré en 2024 et 2025. Les rachats d’actions se poursuivent, mais à un rythme limité. Le rendement exigé est relevé par rapport à l’hypothèse de base pour tenir compte du secteur concurrentiel et cyclique, du faible avantage concurrentiel structurel démontré et de l’incertitude liée aux reprises de réserves et aux variations de valeur des placements. Ces choix réduisent la valeur estimée en accordant moins de poids aux résultats récents favorables et en pénalisant davantage les risques.

Projection DCF – Prudent (USD)

Taux d'actualisation
16.0%
Croissance terminale
2.0%
Dette nette
3,2 milliards USD
nAnnéeChiffre d'affairesMarge FCFFCFFacteur d'actualisationFCF actualiséJustification – chiffre d'affairesJustification – marge FCFActions en circulation
-2202325,8 milliards USD-2.1%-553,5 millions USD——25,0 millions
-1202428,4 milliards USD12.6%3,6 milliards USD——22,4 millions
0202530,4 milliards USD7.9%2,4 milliards USD——21,4 millions
TTM2026-Q232,7 milliards USD2.8%930,9 millions USD——22,2 millions
1202633,4 milliards USD3.0%1,0 milliard USD0.862863,8 millions USDLe chiffre d’affaires sur les douze derniers mois atteint déjà environ 32,7 milliards de dollars US; cette année ne suppose qu’une légère hausse, portée par la croissance des primes souscrites et les revenus de placement, conformément à une normalisation du cycle de l’assurance et sans dépendre d’importantes plus-values réalisées.La marge de flux de trésorerie disponible est ancrée sur le niveau bien plus bas observé sur les douze derniers mois au deuxième trimestre 2026 (environ 2,8 %) que pour l’exercice 2025 (environ 7,9 %). Cela reflète la volatilité des flux de trésorerie des assureurs et suppose peu de bénéfices liés à un calendrier favorable du fonds de roulement.22,2 millions
Le nombre d’actions est maintenu stable par rapport au niveau des douze derniers mois; les rachats d’actions sont supposés compenser à peu près les émissions modestes et les programmes destinés aux employés, malgré une génération de trésorerie volatile.
2202734,4 milliards USD3.5%1,2 milliards USD0.743894,8 millions USDUne croissance d’environ 3 % suppose que les hausses de tarifs et l’augmentation des risques assurés compensent à peu près la pression concurrentielle sur les prix dans un marché en phase de ralentissement.Une légère normalisation est prévue, car les profits de souscription restent positifs, mais la marge demeure bien inférieure à celle des exercices 2024 et 2025 en raison d’une prise en compte prudente des flux de trésorerie liés aux primes encaissées et aux placements.22,1 millions
Une baisse nette d’environ 0,3 % est supposée, les rachats opportunistes modestes reprenant à mesure que la génération de trésorerie se stabilise.
3202835,4 milliards USD4.0%1,4 milliards USD0.641907,2 millions USDLa croissance d’environ 3 % se poursuit, portée par une base de primes indexée sur l’inflation, mais limitée par la concurrence et la volatilité des catastrophes.Une amélioration progressive est prévue, les dépenses d’investissement restant modestes et la discipline de souscription se maintenant, tout en tenant compte du fait que les résultats d’une année civile peuvent être favorisés par des reprises de réserves, dont la répétition n’est pas supposée.22,0 millions
Un rythme de rachats d’environ 0,5 % est supposé, dans le cadre de la poursuite de la politique de redistribution du capital, mais à un rythme plus lent qu’entre 2021 et 2025.
4202936,5 milliards USD4.2%1,5 milliards USD0.552846,7 millions USDUne croissance d’environ 3 % reflète le profil d’un assureur mature: les primes et les revenus de placement progressent à un rythme proche de celui du PIB nominal.Une légère amélioration est prévue grâce à l’effet de levier opérationnel et à une expérience des catastrophes stable en moyenne, tout en conservant une marge de sécurité pour les années marquées par une évolution défavorable des réserves.21,9 millions
Une baisse annuelle d’environ 0,5 % du nombre d’actions est supposée, les rachats se poursuivant tout en restant secondaires au maintien d’une forte liquidité.
5203037,6 milliards USD4.5%1,7 milliards USD0.476805,6 millions USDUne croissance d’environ 3 % suppose l’absence d’acquisitions importantes et un environnement concurrentiel normal.La marge se rapproche, sur l’ensemble du cycle, d’un niveau de flux de trésorerie disponible situé dans le milieu de la fourchette des pourcentages à un chiffre. La souscription et les revenus de placement restent rentables, mais sont moins favorables qu’au sommet de 2024 et 2025.21,8 millions
Une réduction d’environ 0,5 % est supposée, correspondant à la poursuite de rachats modérés.
6203138,7 milliards USD4.5%1,7 milliards USD0.410714,8 millions USDLa croissance d’environ 3 % se poursuit; Fairfax est supposé faire croître ses fonds issus des primes encaissées sans gains démesurés de part de marché, dans un secteur concurrentiel où l’avantage concurrentiel est limité.La marge est maintenue stable, car la conversion en trésorerie des assureurs est structurellement volatile et ne devrait probablement pas progresser régulièrement chaque année.21,7 millions
Une réduction d’environ 0,5 % est supposée, tant que des actions sont rachetées lorsque la direction estime que leur cours est inférieur à leur valeur intrinsèque.
7203239,9 milliards USD4.5%1,8 milliards USD0.354635,3 millions USDUne croissance d’environ 3 % suppose des volumes de primes stables et des revenus de réinvestissement; aucune hausse exceptionnellement forte des gains de placement n’est supposée.Une marge stable située dans le milieu de la fourchette des 4 % représente un niveau prudent de génération de trésorerie sur l’ensemble du cycle, inférieur à la marge déclarée d’environ 8 % pour l’exercice 2025.21,6 millions
Une réduction d’environ 0,5 % est supposée, grâce à la poursuite des rachats d’actions.
8203341,1 milliards USD4.5%1,8 milliards USD0.305564,1 millions USDLa croissance d’environ 3 % se poursuit grâce aux primes indexées sur l’inflation, tout en tenant compte de la possibilité d’un affaiblissement des tarifs de réassurance selon les cycles.La marge est maintenue stable, car la pression concurrentielle et la volatilité des catastrophes compensent les gains d’efficacité.21,5 millions
Une réduction d’environ 0,5 % est supposée, conformément à l’orientation en faveur du rendement pour les actionnaires, sans hypothèse excessivement optimiste.
9203442,3 milliards USD4.5%1,9 milliards USD0.263500,5 millions USDUne croissance d’environ 3 % suppose que Fairfax reste un groupe diversifié d’assurance de dommages et de réassurance, sans acquisition majeure transformant l’entreprise.La marge est maintenue à 4,5 % comme estimation de la génération de trésorerie en régime stable, sans bénéficier de l’effet favorable de reprises de réserves.21,4 millions
Une réduction d’environ 0,5 % est supposée.
10203543,6 milliards USD4.5%2,0 milliards USD0.227444,8 millions USDUne croissance d’environ 3 % à l’approche de la période terminale correspond aux attentes de croissance nominale à long terme pour un assureur mature.La marge de flux de trésorerie disponible de l’année terminale reste stable afin de ne pas supposer que la rentabilité de l’assurance s’améliore structurellement dans un marché où l’avantage concurrentiel est limité.21,3 millions
Une réduction d’environ 0,5 % est supposée, reflétant la poursuite d’un programme de rachats d’actions modéré.
t——2,0 milliards USD0.2273,2 milliards USD—
Valeur d'entreprise10,4 milliards USD
Valeur des actions7,3 milliards USD
Valeur par action327.88 USD
Référence

6.4 Scénario réaliste

Le scénario réaliste part des revenus récents, puis suppose une croissance soutenue qui ralentit graduellement avec la normalisation du cycle d’assurance. Les flux de trésorerie disponible se redressent par rapport à leur niveau récent faible, sans prolonger les résultats élevés de 2024 et 2025. Les rachats d’actions se poursuivent, mais à un rythme moins rapide que celui observé entre 2021 et 2025. L’ensemble vise une trajectoire intermédiaire, où la croissance des primes et les revenus de placement continuent de soutenir l’activité malgré la concurrence et la normalisation de la souscription.

Projection DCF – Réaliste (USD)

Taux d'actualisation
15.0%
Croissance terminale
2.0%
Dette nette
3,2 milliards USD
nAnnéeChiffre d'affairesMarge FCFFCFFacteur d'actualisationFCF actualiséJustification – chiffre d'affairesJustification – marge FCFActions en circulation
-2202325,8 milliards USD-2.1%-553,5 millions USD——25,0 millions
-1202428,4 milliards USD12.6%3,6 milliards USD——22,4 millions
0202530,4 milliards USD7.9%2,4 milliards USD——21,4 millions
TTM2026-Q232,7 milliards USD2.8%930,9 millions USD——22,2 millions
1202634,0 milliards USD4.0%1,4 milliards USD0.8701,2 milliards USDReflète le rythme annualisé qu’implique le chiffre des douze derniers mois au deuxième trimestre 2026 (environ 32,7 milliards de dollars US), auquel s’ajoutent une croissance organique modeste des primes et des rendements de réinvestissement plus élevés. Cette hypothèse concorde avec la récente progression des revenus, tout en tenant compte de leur caractère cyclique.Suppose une normalisation partielle après la faible marge de trésorerie disponible des douze derniers mois (environ 2,8 %), à mesure que les variations du fonds de roulement reviennent vers la moyenne. La marge reste toutefois inférieure aux quelque 7,9 % de l’exercice 2025, afin de ne pas extrapoler des conditions exceptionnellement favorables.22,1 millions
~0.5% reduction vs TTM, reflecting continued buybacks but slowed from 2021–2025’s pace as valuation rises and management preserves flexibility.
2202736,0 milliards USD5.0%1,8 milliards USD0.7561,4 milliards USDUne croissance d’environ 6 %, portée par la poursuite de la progression composée des primes haut de gamme et par les revenus de placement. L’hypothèse suppose que la souscription reste rigoureuse, mais que les marchés commencent à se normaliser.La marge s’améliore grâce au maintien d’une souscription rentable et à des dépenses d’investissement modestes, avec moins d’effets défavorables liés au calendrier des flux de trésorerie que pendant les douze derniers mois.21,9 millions
~0.7% net reduction assuming steady repurchases funded by retained earnings and moderate dividends.
3202838,0 milliards USD5.5%2,1 milliards USD0.6581,4 milliards USDUne croissance d’environ 6 %, qui suppose que Fairfax maintient la rentabilité de la souscription dans ses différentes plateformes tout en profitant d’une base de primes gonflée par l’inflation.La marge se rapproche du milieu de la fourchette des pourcentages à un chiffre au cours d’un cycle, tout en tenant compte du fait que la marge de trésorerie disponible d’environ 12,6 % en 2024 était exceptionnellement élevée.21,8 millions
~0.7% reduction reflecting ongoing buybacks and low dilution.
4202940,0 milliards USD5.5%2,2 milliards USD0.5721,3 milliards USDUne croissance d’environ 5 %, qui reflète un ralentissement graduel à mesure que l’entreprise prend de l’ampleur; aucun saut important lié à une acquisition n’est supposé.La marge reste stable, car les pressions concurrentielles et les années marquées par des catastrophes compensent les gains d’efficacité; aucun avantage durable lié à la libération de réserves n’est supposé.21,6 millions
~0.7% reduction from buybacks.
5203042,0 milliards USD5.7%2,4 milliards USD0.4971,2 milliards USDUne croissance d’environ 5 %, qui suppose que les primes et les revenus de placement continuent de progresser modestement plus vite que l’inflation, grâce à une souscription rigoureuse.Légère amélioration grâce aux économies découlant de la croissance de l’activité et au rendement du portefeuille, tout en conservant une approche prudente en raison du caractère cyclique des marchés de placement.21,4 millions
~0.7% reduction continuing the repurchase program.
6203144,1 milliards USD5.7%2,5 milliards USD0.4321,1 milliards USDUne croissance d’environ 5 %, soutenue par l’augmentation des expositions et une tarification globalement conforme à la croissance nominale de l’économie.La marge reste stable, conformément à l’hypothèse de régime permanent; la rentabilité de la souscription en assurance de biens et de responsabilité ne devrait pas progresser structurellement sur un marché où les avantages concurrentiels sont faibles.21,3 millions
~0.7% reduction as long as capital returns remain a priority.
7203246,3 milliards USD5.7%2,6 milliards USD0.376992,1 millions USDUne croissance d’environ 5 %, qui suppose le maintien d’une souscription rigoureuse et la poursuite des revenus de réinvestissement; aucun gain réalisé exceptionnel n’est nécessaire.La marge reste stable, reflétant une marge de trésorerie disponible durable à travers les cycles, légèrement supérieure au scénario prudent, mais inférieure aux années de pointe.21,1 millions
~0.7% reduction from buybacks.
8203348,6 milliards USD5.7%2,8 milliards USD0.327905,6 millions USDUne croissance d’environ 5 %; l’hypothèse suppose que Fairfax maintient sa plateforme mondiale diversifiée et progresse avec le marché.La marge reste stable afin de ne pas intégrer une progression structurelle non étayée par un avantage concurrentiel marqué.21,0 millions
~0.7% reduction.
9203451,0 milliards USD5.7%2,9 milliards USD0.284826,4 millions USDUne croissance d’environ 5 %, tandis que l’entreprise fait croître sa valeur comptable et son flottant; aucun événement important entraînant une dilution n’est supposé.La marge reste stable, en tenant compte du fait que les libérations de réserves, liées à des jugements de la direction, constituent un facteur favorable qui pourrait ne pas persister.20,9 millions
~0.7% reduction reflecting continued share count discipline.
10203553,6 milliards USD5.7%3,1 milliards USD0.247755,2 millions USDUne croissance d’environ 5 % à l’approche de la période de valeur terminale. L’hypothèse prévoit que Fairfax progresse un peu plus vite que l’inflation à long terme grâce à sa présence mondiale diversifiée et au réinvestissement, sans atteindre des rythmes de croissance comparables à ceux d’une jeune entreprise en forte expansion.La marge de l’année terminale est maintenue à environ 5,7 % comme estimation de la capacité bénéficiaire dans des conditions normalisées, nettement sous le meilleur exercice historique et au-dessus du creux observé durant les douze derniers mois.20,7 millions
~0.7% reduction consistent with ongoing buybacks, but slower than 2021–2025’s aggressive pace.
t——3,1 milliards USD0.2475,9 milliards USD—
Valeur d'entreprise16,9 milliards USD
Valeur des actions13,7 milliards USD
Valeur par action618.44 USD
Référence

6.5 Scénario optimiste

Le scénario optimiste suppose que les conditions favorables de souscription durent plus longtemps, que les revenus progressent plus rapidement et que les flux de trésorerie disponible se rapprochent durablement de la forte performance de 2025. Il prévoit aussi des rachats d’actions plus soutenus et laisse ouverte la possibilité de petites acquisitions complémentaires. La croissance à long terme est plus élevée que dans l’hypothèse commune, car ce scénario suppose que Fairfax peut faire croître modestement ses liquidités au-dessus de l’inflation en investissant efficacement les primes encaissées avant le paiement des sinistres. L’estimation dépend donc du maintien de conditions favorables et d’une capacité durable à réinvestir avec succès.

Projection DCF – Optimiste (USD)

Taux d'actualisation
15.0%
Croissance terminale
2.5%
Dette nette
3,2 milliards USD
nAnnéeChiffre d'affairesMarge FCFFCFFacteur d'actualisationFCF actualiséJustification – chiffre d'affairesJustification – marge FCFActions en circulation
-2202325,8 milliards USD-2.1%-553,5 millions USD——25,0 millions
-1202428,4 milliards USD12.6%3,6 milliards USD——22,4 millions
0202530,4 milliards USD7.9%2,4 milliards USD——21,4 millions
TTM2026-Q232,7 milliards USD2.8%930,9 millions USD——22,2 millions
1202634,5 milliards USD5.0%1,7 milliards USD0.8701,5 milliards USDSuppose une poursuite forte mais plausible de la croissance des activités d’assurance haut de gamme et des revenus de placement, en prenant comme référence le rythme des douze derniers mois (TTM), avec le soutien de prix de marché qui restent fermes.Suppose que la génération de trésorerie rebondisse plus rapidement après son faible niveau des douze derniers mois, grâce à des bénéfices de souscription toujours solides et à la normalisation du calendrier des variations du fonds de roulement.21,9 millions
Réduction d’environ 1 % par rapport aux douze derniers mois, reflétant la volonté déjà démontrée par la direction de racheter activement des actions lorsque leur prix est attrayant.
2202737,2 milliards USD6.5%2,4 milliards USD0.7561,8 milliards USDUne croissance d’environ 8 % suppose que les conditions de souscription restent relativement favorables et que Fairfax continue d’accroître progressivement son flottant dans ses différentes plateformes.La génération de trésorerie se rapproche de niveaux comparables à ceux de l’exercice 2025, les revenus de placement restant élevés et les pertes liées aux catastrophes étant moyennes plutôt qu’élevées.21,7 millions
Réduction d’environ 1,1 %, les rachats d’actions se poursuivant à un rythme soutenu grâce aux bénéfices conservés.
3202840,2 milliards USD7.0%2,8 milliards USD0.6581,9 milliards USDUne croissance d’environ 8 % suppose que les conditions de marché favorables aux assureurs se prolongent plus longtemps que prévu, ainsi que des acquisitions complémentaires ciblées.Suppose que les résultats de souscription et de placement restent solides et que l’évolution des provisions soit globalement favorable, ce qui porte la marge des flux de trésorerie disponibles (FCF) au-dessus d’une moyenne de cycle.21,4 millions
Réduction d’environ 1,2 %, les rachats restant importants et la dilution faible.
4202943,4 milliards USD7.0%3,0 milliards USD0.5721,7 milliards USDLa croissance d’environ 8 % se poursuit, portée par des tarifs élevés, l’augmentation des expositions assurées et des rendements de réinvestissement plus élevés du portefeuille.La marge est maintenue à 7 % pour refléter la solidité durable de la souscription, sans supposer qu’elle continue de progresser chaque année.21,2 millions
Réduction d’environ 1,2 %, portée par la poursuite des rachats d’actions.
5203046,5 milliards USD7.0%3,3 milliards USD0.4971,6 milliards USDUne croissance d’environ 7 % est prévue à mesure que les conditions se normalisent, mais Fairfax continue de progresser plus vite que le marché grâce à l’exécution de ses activités de souscription.La marge est maintenue à 7 %, Fairfax conservant une forte rentabilité dans ses différentes plateformes de souscription.20,9 millions
Réduction d’environ 1,2 % grâce aux rachats d’actions continus.
6203149,8 milliards USD7.0%3,5 milliards USD0.4321,5 milliards USDUne croissance d’environ 7 % suppose une progression régulière des primes et des revenus de placement, sans prévoir de cycle fortement défavorable.Une marge stable de 7 % suppose que la souscription reste favorable et que l’expérience en matière de catastrophes demeure stable au fil du temps.20,7 millions
Réduction d’environ 1,2 %.
7203253,2 milliards USD7.0%3,7 milliards USD0.3761,4 milliards USDLa croissance d’environ 7 % se poursuit tandis que Fairfax se développe à l’international et accroît son flottant, grâce à une culture de souscription rigoureuse.La marge est maintenue stable; le scénario optimiste suppose que Fairfax peut conserver pendant une période prolongée des niveaux de génération de trésorerie proches de ceux de l’exercice 2025.20,4 millions
Réduction d’environ 1,2 % grâce aux rachats d’actions.
8203356,9 milliards USD7.0%4,0 milliards USD0.3271,3 milliards USDUne croissance d’environ 7 % est prévue, en supposant que l’évolution de la composition des activités vers les branches spécialisées et la réassurance soutienne durablement la progression des primes.La marge est maintenue à 7 % afin de ne pas supposer une progression indéfinie au-delà de niveaux déjà élevés.20,2 millions
Réduction d’environ 1,2 %.
9203460,9 milliards USD7.0%4,3 milliards USD0.2841,2 milliards USDUne croissance d’environ 7 % est prévue, en supposant une poursuite de la croissance composée, mais sans acquisitions transformatrices qui ajouteraient un risque d’intégration.La solidité durable de la souscription et des revenus de placement maintient la génération de trésorerie à un niveau élevé.19,9 millions
Réduction d’environ 1,2 % grâce à un programme de rachat d’actions continu.
10203565,2 milliards USD7.0%4,6 milliards USD0.2471,1 milliards USDUne croissance d’environ 7 % jusqu’à la période terminale suppose que Fairfax continue d’accroître rigoureusement sa valeur comptable et son flottant, et maintienne plus longtemps que d’habitude une croissance supérieure à celle du secteur.La marge de l’année terminale est maintenue à 7 %, car l’avantage de Fairfax dans l’exécution de ses activités de souscription est supposé perdurer, même si le secteur reste concurrentiel.19,7 millions
Réduction d’environ 1,3 %, avec la poursuite de rachats d’actions soutenus.
t——4,7 milliards USD0.2479,3 milliards USD—
Valeur d'entreprise24,3 milliards USD
Valeur des actions21,2 milliards USD
Valeur par action955.78 USD
Référence

6.6 Comparaison avec le prix actuel

Au cours actuel de 2 207,92 dollars canadiens, l’action se négocie bien au-dessus de chacune des estimations, y compris celle du scénario le plus favorable.

Les valeurs estimées par action sont les suivantes

Selon l’estimation réaliste, l’écart représente une marge de sécurité négative d’environ 60,3 %: le cours est près de 152 % supérieur à cette estimation.

Référence

6.7 Conclusion

Au cours actuel, le prix suppose soit des flux de trésorerie beaucoup plus élevés et durables que ne le suggère une lecture normalisée des résultats récents, soit un rendement exigé nettement inférieur au seuil de 15 % retenu ici. Comme le prix dépasse les estimations de valeur, le rendement annualisé attendu serait inférieur à ce seuil, sauf si Fairfax dépasse sensiblement même la trajectoire de trésorerie optimiste. Il n’y a donc pas de marge de sécurité selon ces hypothèses.

L’estimation réaliste varie fortement avec le rendement exigé, tandis que l’hypothèse de croissance à long terme reste inchangée. Les valeurs ci-dessous sont par action, en dollars canadiens

Les éléments déterminants à surveiller sont

Référence

7. Score d'attractivité Buffett

7.1 Tableau

La grille ci-dessous rassemble l’évaluation de Fairfax selon six critères inspirés de l’approche de Warren Buffett.

Grille Buffett

CritèreScoreJustification
Prévisibilité3.0/5Les revenus consolidés sont passés d’environ 9,3 milliards de dollars en 2016 à 30,4 milliards en 2025, soit une croissance annuelle composée d’environ 14 %. Les marges brutes et d’exploitation se sont améliorées et stabilisées en 2023-2025, autour de 20-22 % et de 20-21 % respectivement, tandis que la marge nette s’est située autour de 13-17 %. Le rendement des capitaux propres (ROE), qui rapporte le bénéfice aux fonds des actionnaires, a été élevé, autour de 16-20 % en 2022-2025. L’endettement reste prudent, avec une bonne couverture des intérêts et une liquidité satisfaisante. Toutefois, les flux de trésorerie d’exploitation ont beaucoup fluctué et ont été négatifs en 2018, 2020, 2022 et 2023; en 2025, les flux de trésorerie disponibles — le cash restant après les dépenses d’investissement — ne représentaient qu’environ 50 % du bénéfice net. Les ratios combinés des sinistres de l’année en cours, autour de 95-96 %, ont aussi bénéficié de 2,9 points de reprises de provisions d’années antérieures. Les gains réalisés ou non réalisés sur les placements et les effets des taux d’actualisation pèsent également sur les résultats. La prévisibilité des bénéfices durables est donc moyenne, plutôt qu’élevée.
Modèle d'affaires4.0/5Fairfax est une société de portefeuille diversifiée dans l’assurance de dommages et la réassurance, avec une gestion centralisée des placements. Ce modèle consiste à investir les fonds issus des primes avant le règlement des sinistres. Il s’est développé avec succès: les actifs ont atteint environ 108 milliards de dollars en 2025, dont quelque 64 milliards de placements à long terme et 11,7 milliards de trésorerie, tandis que les revenus ont progressé jusqu’à 30,4 milliards. La rentabilité soutenue s’est traduite par une marge d’exploitation d’environ 20-21 %, une marge nette dans les hauts de la dizaine de pour cent et un rendement des capitaux propres dans les hauts de la dizaine. Le ratio dette/capitaux propres d’environ 0,56 fois compare l’endettement aux fonds des actionnaires; la dette nette reste inférieure à une fois le résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (EBITDA), un indicateur de la capacité à supporter la dette. La liquidité est également solide. Ce modèle éprouvé peut soutenir la croissance du capital sur le long terme, même si la cyclicité du secteur et les flux de trésorerie irréguliers empêchent une appréciation maximale.
Moat2.0/5L’avantage concurrentiel de Fairfax est faible. Les résultats montrent néanmoins une force d’exécution en souscription: les bénéfices de souscription ont atteint des records en 2024-2025 et les ratios combinés non actualisés du groupe étaient proches de 93 %, avec des ratios actualisés encore plus bas dans certaines filiales clés. La marge nette de 2025, autour de 15,7 %, et le rendement des capitaux propres, proche de 18 %, vont dans le même sens. Toutefois, aucun avantage structurel marqué en matière de marque, de fidélité des clients, de distribution, de coûts ou de réglementation n’est établi. Des concurrents tels qu’Intact, Definity et Aviva Canada ont enregistré des ratios combinés similaires. Le secteur reste très concurrentiel et cyclique, avec des prix soumis aux périodes de marché moins favorables et à la concurrence de capitaux alternatifs. L’avantage repose donc surtout sur l’exécution et la culture d’entreprise, avec une durée probable de 3 à 7 ans, plutôt que sur une barrière durable.
Gestion4.0/5La qualité de la direction est jugée élevée. L’équipe est stable et dirigée depuis longtemps par le fondateur-directeur général Prem Watsa, dont le salaire fixe est de 600 000 dollars, sans prime ni attribution d’actions, et qui détient une participation importante. Les résultats se sont nettement améliorés: en 2025, les revenus ont atteint 30,4 milliards de dollars, la marge d’exploitation environ 21,2 %, la marge nette environ 15,7 % et le rendement des capitaux propres environ 18 %, avec un rendement positif du capital investi dans les bas chiffres à un seul chiffre. Entre 2021 et 2025, le nombre moyen pondéré d’actions en circulation a diminué d’environ 21,9 % grâce aux rachats; les dividendes sont restés modestes mais réguliers et l’endettement prudent. Les informations publiées sont adéquates, avec des commentaires détaillés sur la gestion et des certifications du directeur général et du directeur financier sur les contrôles internes. La concentration du pouvoir entre les mains du fondateur, des modalités de rémunération inhabituelles, le recours limité aux incitations en actions et la complexité de certaines participations et évaluations empêchent une note parfaite, mais les résultats restent favorables aux actionnaires.
Risques3.0/5Le risque d’anomalies est modéré. Le bilan est solide: la dette totale reste inférieure à 15 milliards de dollars face à environ 108 milliards d’actifs et 30,8 milliards de capitaux propres en 2025; la dette nette est proche de 3,2 milliards, le ratio dette/actifs d’environ 0,14 et la couverture des intérêts se situe autour de 7 à 12 fois. La société dispose de liquidités et de placements largement liquides, sans signe de tension de solvabilité, de problème de clauses de dette ou de manipulation comptable évidente. En contrepartie, la qualité des bénéfices est affectée par les reprises de provisions d’années antérieures, qui ont amélioré de 2,9 points les ratios combinés de 2025, ainsi que par les gains de placement et les variations des taux d’actualisation. Les flux de trésorerie d’exploitation et disponibles sont structurellement volatils, notamment en raison des changements de portefeuille et de la comptabilisation des placements. Enfin, l’influence marquée du fondateur, la réticence à élargir certaines informations sur les risques climatiques et les émissions financées, ainsi que le recours à des indicateurs hors normes comptables usuelles, qui peuvent masquer la volatilité, ajoutent des risques de gouvernance et de transparence. Le bilan prudent est un point fort, mais ne supprime pas ces risques de résultats et de gouvernance.
Valorisation1.0/5Un modèle d’actualisation des flux de trésorerie, conçu pour viser un rendement de 15 %, conclut que l’action est nettement surévaluée au cours de fin 2025, proche de 2 208 CAD. La valeur estimée par action est d’environ 465 CAD dans le scénario prudent — taux d’actualisation de 16 %, croissance d’environ 3 % et marge normalisée de flux de trésorerie disponibles d’environ 4,5 % —, 877 CAD dans le scénario réaliste — taux de 15 %, croissance d’environ 5-6 % et marge d’environ 5,7 % —, et 1 356 CAD dans le scénario optimiste — taux de 15 %, croissance d’environ 7-8 %, marge d’environ 7 % et croissance terminale de 2,5 %. Les trois estimations sont inférieures au cours. Dans le scénario réaliste, la marge de sécurité est négative d’environ 60 %: le cours dépasse cette estimation d’environ 152 %. Même le scénario optimiste ne procure aucune marge de sécurité au rendement exigé de 15 %. Compte tenu du faible avantage concurrentiel structurel et des risques modérés touchant la qualité des bénéfices et la gouvernance, le cours ne présente pas une valorisation attrayante selon cette approche.
Référence

7.2 Score final et interprétation 17.0/30

Le total de 17/30 correspond à une appréciation intermédiaire. Fairfax repose sur un modèle d’assurance et d’investissement éprouvé, affiche de solides résultats récents et conserve un endettement prudent, sous la conduite d’une équipe expérimentée. Toutefois, les bénéfices durables restent seulement modérément prévisibles, car les résultats dépendent en partie de gains de placement fluctuants et de reprises de provisions. L’avantage concurrentiel structurel est limité dans un secteur très concurrentiel et cyclique, tandis que certains risques liés à la qualité des bénéfices et à la gouvernance justifient de la prudence. Enfin, l’estimation fondée sur un rendement exigé de 15 % indique que le cours de fin 2025 dépasse largement la valeur estimée, sans marge de sécurité, même dans le scénario optimiste. Fairfax paraît donc être une entreprise solide, mais son prix ne compense pas suffisamment les limites de son avantage concurrentiel et les aléas de son activité.

Référence

8. Résumé exécutif CONSERVER

Fairfax Financial est une société de portefeuille diversifiée, centrée sur l’assurance de dommages et la réassurance à travers plusieurs plateformes de souscription dans le monde. Les primes encaissées constituent des fonds investissables — le « float », c’est-à-dire l’argent conservé avant le règlement des sinistres — et sont gérées de façon centralisée pour produire des revenus de placement qui soutiennent les activités d’assurance.

La situation financière consolidée est solide. En 2025, la marge nette atteint environ 15,7 % et le rendement des capitaux propres, qui mesure le bénéfice rapporté aux fonds des actionnaires, s’établit autour de 18 %. Les revenus progressent et le bilan demeure prudemment financé, avec environ 108 milliards de dollars d’actifs, 11,7 milliards de dollars de trésorerie et une dette nette proche de 3,2 milliards de dollars. La liquidité et la capacité à couvrir les intérêts sont confortables. En revanche, les flux de trésorerie d’exploitation et les flux de trésorerie disponibles, soit les sommes restant après les dépenses d’investissement, varient fortement d’une année à l’autre, notamment en raison des changements de portefeuille et du calendrier des gains réalisés sur les placements.

L’avantage concurrentiel structurel est faible. Fairfax montre une bonne discipline de souscription, avec des ratios combinés — sinistres et frais rapportés aux primes — dans les bas 90 % en 2024 et 2025. Cependant, aucun obstacle durable lié à la distribution, aux coûts ou à la fidélité des clients n’est établi, et des concurrents obtiennent des résultats comparables. L’avantage observé semble donc surtout venir de l’exécution et pourrait durer à moyen terme, plutôt que constituer une protection permanente.

La direction obtient une appréciation élevée: son expérience, l’importance de la participation du fondateur et les rachats d’actions accompagnés de dividendes réguliers témoignent d’une gestion attentive aux actionnaires. Les principaux points de vigilance concernent la forte influence du fondateur, les incitations en actions limitées et la réponse sélective à certaines demandes de transparence sur les enjeux climatiques. La qualité des bénéfices mérite aussi une attention particulière: les résultats de 2025 ont été favorisés par des reprises de provisions d’années antérieures et d’importants gains de placement. La complexité des participations dans des sociétés associées et des placements dont la valeur dépend davantage d’estimations accroît le risque de jugement, sans qu’un problème de solvabilité ait été constaté en 2025.

Un modèle d’actualisation des flux de trésorerie — qui ramène à aujourd’hui les flux estimés pour l’avenir — avec un rendement exigé de 15 % situe la valeur par action entre environ 465 CAD dans le scénario prudent, 877 CAD dans le scénario réaliste et 1 356 CAD dans le scénario optimiste, contre un cours de marché proche de 2 208 CAD. Même le scénario optimiste ne laisse pas de marge de sécurité. La recommandation est donc de CONSERVER les positions existantes, mais de ne pas engager de nouvel achat au cours actuel; le dossier pourra être réévalué si le prix baisse suffisamment pour offrir une marge de sécurité significative.

Points forts :

Points faibles :